Le rythme narratif

En fiction, ni l’espace, ni le temps ne sont réels. Ils vous sont suggérés par divers effets, dramaturgiques et scénographiques. Il est possible de dilater le temps, le figer, l’accélérer ou même l’ellipser.

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Rythmer la didascalie

Dans un scénario, on n’a pas à donner d’indications de durée pour les images et les actions qui se succèdent.  Une longue description d’une pièce donnera l’idée d’une caméra explorant lentement les lieux. Une phrase courte et succincte évoquera plutôt un ou deux plans rapides. En bande dessinée, une multiplication des cases peut dilater du temps. On l’observe dans de nombreux mangas (ex. l’homme qui marche – 1991 – Jiro Tanigushi), mais aussi dans certaines bandes dessinées occidentales (Corto Maltese, de Hugo Pratt).

Rythmer la structure

Construire le rythme d’un récit, c’est un travail à l’échelle globale. On doit d’abord travailler sur les principales articulations du récit et leur préparation. Ensuite, s’occuper de l’enchaînement des scènes proprement dites : en tenant compte de leur durée moyenne, en faisant alterner des scènes de longueurs différentes, et en travaillant par contraste les écarts de durée entre scènes rapides et scènes plus lentes.

Rythmer une séquence

L’exemple typique est la séquence de poursuite. Au début d’Ennemi d’état (1998 – Tony Scott) un ornithologue se retrouve en possession d’une vidéo montrant l’assassinat d’un député. Le commanditaire de l’assassinat travaille à la NSA (l’agence de sûreté nationale). Il envoie ses hommes aux trousses du malheureux ornithologue. Chaque fois qu’on est à deux doigts d’une fin de poursuite (heureuse ou tragique), l’émotion atteint un pic avant de décroître.

Tension psychologique

Un rythme peut aussi être créé sans action rapide, par un crescendo seul, comme par exemple dans le duel final du film le bon, la brute et le truand (1966 – Sergio Leone). 

Le Kit de survie du scénariste vous permettra d’approfondir :

– la façon dont le scénario peut dilater ou contracter le temps,
– l’importance du traitement des émotions dans le ressenti de la temporalité,
– le dosage de la fréquence et de l’intensité des effets dramatiques,
– comment utiliser les variations de tension dramatique pour impacter le rythme narratif,
– la façon dont certaines séries créent l’illusion du temps réel,
– comment associer les transformations des personnages aux ruptures du rythme narratif.
– quelques astuces pour faire fonctionner une narration lente.

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© 2015 – Gildas Jaffrennou

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Tout ce que vous devez connaître sur le rythme narratif est dans
Le Kit de survie du scénariste


Editions Lettmotif 

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