Le point d’entrée dans le récit

Monstres et compagnieBien souvent, de belles histoires donnent des récits laborieux pour une seule raison : un mauvais point d’entrée. Le point d’entrée, c’est le choix du lieu et du moment pour commencer la narration.

La première idée qui vient en tête, c’est qu’un récit commence… avec le début de l’histoire.

Sauf que le récit n’est pas l’histoire…

Quand Blanche-Neige était petite

Chaque récit s’inscrit dans un temps, avec un avant et un après. Prenons Blanche-Neige et les sept nains (1937-Walt Disney). L’histoire de la petite princesse a commencé avant même sa naissance, quand ses parents se sont rencontrés. Ensuite, sa mère est morte, son père s’est remarié, puis est mort à son tour. Le récit commence quand la beauté de la princesse déclenche la jalousie de la Reine. Ici c’est  l’incident déclencheur.

 

 

Surprendre d’entrée de jeu

Un bon point d’entrée doit comporter une prise de risque, ou au moins un aspect inattendu qui surprenne le spectateur. Même si le début du récit est conventionnel, il est important que l’on installe rapidement un démarquage. Le spectateur doit se dire en même temps « je m’y retrouve, je ne suis pas perdu », et « je me demande bien comment va s’y prendre le personnage ». 

 

Démarrer par une situation d’échec ou de réussite ?

Un point d’entrée peut être marqué par l’échec d’un personnage dans ce qu’il entreprend… à moins qu’il ne soit victime d’un adversaire plus fort que lui, ce qui revient presque au même. Une belle occasion de caractériser un opposant que l’on s’attendra à revoir.

En montrant que l’Univers du récit est dangereux, qu’on peut y perdre gros, vous donnerez le sentiment que les personnages prennent de « vrais » risques. L’échec suscite la compassion, l’attachement et le désir de revanche.

Une autre façon de procéder, est au contraire de montrer tout d’abord le protagoniste en réussite, pour bien caractériser ses talents et son efficacité. Ainsi, lorsque ses ennuis vont venir, ses difficultés à y faire face ne seront pas considérées comme des faiblesses, mais simplement comme l’expression de la force de l’ennemi. 

 

Caractériser l’univers du récit

Si votre univers est très différent du monde réel, vous aurez tout intérêt à choisir un point d’entrée situé suffisamment en amont de l’incident déclencheur pour avoir le temps de bien caractériser l’Univers du récit et ses règles. C’est ce que font fréquemment les scénaristes des studios Pixar, dont les univers sont souvent très originaux. Toy Story, Wall-E, Monstres & cie ou Cars par exemple.

 

Le Kit de survie du scénariste, présente de nombreux types de point d’entrée :

– par les enjeux,
– par des conflits,
– par la fin, avec flash-back inbriqués,
– par la caractérisation d’un adversaire,
– par une fausse piste,
– dans le feu de l’action (in media res)…

… ainsi que l’intérêt de conjuguer plusieurs approches pour impliquer au maximum le spectateur dans votre récit.

© 2015 – Gildas Jaffrennou

Tous les outils pour déterminer le bon point
d’entrée dans vos scénarios sont dans 

Le Kit de survie du scénariste


Editions Lettmotif 

_

Soutenez Ghost in the script

_ _ _

Ce contenu a été publié dans Techniques d'écriture, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire